Deviens désirable
Est-ce que je pense mon marketing comme une meuf matrixée par le patriarcat ?
J’ai voulu imiter les créatrices qui partagent une photo d’elles en début de newsletter. J’ai fait défiler ma galerie et entre deux photos de poneys et de chat, c’est l’une des rares photos de moi en février, au musée de l’Illusion à Bordeaux. Oui, on est déjà le 12 mars, mais ça fait une semaine que j’écris ce mail.
Entre le combo manteau + ciré (pour lutter contre le froid et la pluie bordelaise ☔) et le cadrage approximatif, je ne suis pas sûre de plier le game du personal branding.
Mais venons en au sujet du jour : la désirabilité. En novembre, je participais au bootcamp marketing du très bon Thomas Burbidge. C’était l’occasion de prendre un peu de hauteur pour analyser notre propre système marketing (parce qu’à force de bosser pour la com’ des autres, je finis par oublier que j’en ai un).
Sans trop de surprise, je constate que je suis très bonne pour la découvrabilité mais que je néglige le reste. Un peu désabusée, mais pas sans en profiter pour rire, je lâche :
« Je viens de comprendre que moi, je trouve des clientes comme une meuf hétéro bien matrixée. Je me rends visible et désirable sur le marché et j’espère fort que quelqu’un vienne m’aborder. »
(une certaine allégorie de mes soirées il y a 10 ans)
Et depuis, j’ai beaucoup repensé à cette notion. Au premier abord, ça a déclenché de la culpabilité en moi : je ne suis pas une personne active dans sa prospection (c’est un euphémisme vu que je ne prospecte pas 😅), mon acquisition ne repose pas sur un système bien rôdé, à tel point que j’ai longtemps cru qu’elle relevait du hasard.
Heureusement, j’ai fini par comprendre qu’être bonne en découvrabilité est une compétence (clairement sous-côtée !). Mais depuis 2 ans, on a vu un revirement sur LinkedIn & cie : là où on valorisait l’inbound marketing (le fait d’attirer des clients grâce à sa création de contenu), on a fini par entrer dans une autre idéologie.
La prospection est la nouvelle petite robe noire
Ton contenu doit reposer sur un système d’acquisition fiable, prévisible et stratégique. Tu ne dois plus attendre que les clients viennent à toi, tu dois venir à eux. Créer du contenu ok, mais que si tu envoies des MPs.
Il y a plein d’explications à ce switch :
de plus en plus de monde poste sur LinkedIn, c’est donc plus difficile de ne faire reposer son acquisition que sur ce levier ;
les formations LinkedIn ont beaucoup vendu le “Poste pour trouver des clients”, alors quand on a épuisé cette promesse, on a trouvé une nouvelle compétence à vendre “te contente pas de poster, va chercher tes clients” ;
les deux stratégies (inbound + outbound) fonctionnent très bien ensemble.
Mais, au vu de ma propre culpabilité quand je me suis dit « Ah bah voilà, en bonne meuf assignée meuf qui a bien intégré les injonctions de la société, tu attends qu’on vienne te voir et qu’on te désire ! », je ne peux m’empêcher d’y voir autre chose.
→ La création de contenu est vite cataloguée comme “passive” : je poste et j’attends qu’on vienne à moi.
→ La prospection est plutôt vue comme “active” : j’envoie des messages pour aller chercher des opportunités.
La passivité est perçue comme féminine.
L’action est perçue comme masculine.
Et devine qu’est-ce qui est le plus valorisé dans notre société ? 🤡
Vrai bonhomme, envoyer des messages en privé pour déclencher des opportunités 💪
Choisir ce qui est confortable pour nous
Il y a quelques semaines, une très bonne amie m’a dit : « On reparlait de toi avec Bidule, et franchement, t’as eu grave du courage, nous ça fait 4 ans qu’on se dit qu’on va poster sur LinkedIn et on l’a toujours pas fait. »
Cette amie est commerciale. Une partie de son quotidien, c’est de téléphoner à des entreprises pour déclencher des rendez-vous, d’aller à des événements pour se faire connaître, créer du réseau et obtenir des contrats. Ça me semble bien plus intimidant que publier sur LinkedIn. Mais on en revient à une chose simple : chacun sa réalité et sa zone de confort.
Pour moi, c’est bien plus confortable de créer du contenu, d’écrire ce qui me traverse pour le publier, et de laisser le choix à d’autres de le lire ou non. Je propose, le lecteur dispose.
Pour elle, c’est plus naturel de créer des conversations en vrai. Elle me dit toujours que son job, c’est d’aller boire des cafés avec des gens.
Est-ce que ça a toujours été confortable pour nous, je ne sais pas. J’ai sûrement eu peur de cliquer sur “publier” à une époque. J’ai parfois encore un peu peur. Ses premiers coups de téléphone à froid n’ont pas dû être faciles.
On l’oublie souvent, mais ce n’est pas parce que c’est confortable que c’est facile. C’est juste devenu notre nouvelle norme, quelque chose que l’on a tellement répété que c’est devenu naturel.
Un peu comme la première fois que tu galopes sur un cheval : c’est terrifiant les premières fois de le demander au cheval, d’être ballotée jusqu’à ce qu’il tombe dans le galop et de prier pour rester dessus suffisamment longtemps pour pouvoir repasser au pas avant de manger le sol. Ce qui n’empêche pas ce moment d’être exaltant.
À force de répétition, engager ton bassin, reculer ta jambe extérieure, presser ta jambe intérieure en soutenant ta main externe devient aussi naturel que mettre une jambe devant l’autre pour marcher. Ça ne veut pas dire que sous des circonstances inhabituelles, ça ne sera pas à nouveau difficile.
Bref, je me suis rappelé que la création de contenu n’a rien de facile, même si c’est devenu confortable.
C’est s’exposer au regard des autres, s’adapter aux changements constants des algorithmes, accepter de tester suffisamment pour continuer d’être lue et accepter que ces mêmes tests peuvent te faire flopper. C’est essayer d’améliorer ta plume à chaque post, c’est apprendre le copywriting pour en arriver à la conclusion 4 ans après que tu as toujours le sentiment de ne rien savoir. C’est recevoir des commentaires négatifs, parfois insultants, et parfois, ne recevoir aucun commentaire du tout.
L’erreur, c’est alors de considérer la création de contenu comme passive. Mais aussi de la voir comme une “voie de facilité pour celles et ceux qui ne veulent pas prospecter” (et là, la ligne est fine : je disais moi-même le mois dernier que ta création de contenu ne devait pas être une stratégie d’évitement).
En 2026, être désirable grâce à son contenu reste un superpouvoir.
3 règles pour être désirable sur LinkedIn
1/ Pouvoir expliquer ton métier en 1 phrase
À chaque Noël, y a des memes qui sortent sur “quand t’essaies d’expliquer ton job à tatie Mireille” (surtout quand tu bosses dans le digital). Moi, je suis persuadée que si tu ne sais pas l’expliquer en une phrase simple, c’est qu’il y a quelque chose dans ton positionnement qui n’est pas clair.
Sauf que si ton positionnement n’est pas suffisamment clair pour que tu l’expliques en 1 min chrono à Tatie Mireille, comment veux-tu que la personne qui te découvre via un post LinkedIn de 1800 caractères comprenne ce que tu fais/pourquoi elle devrait te suivre ?
Évidemment, il y a bien plus de nuance et de complexité dans ce qu’on propose que “j’aide les dirigeantes à être visibles sur LinkedIn”. Mais, c’est toujours la base de laquelle je pars.
Et c’est pour ça que je demande toujours lors de mes journées de coaching VIP de compléter cette phrase : j’aide X à faire Y. Ça ne veut pas dire qu’on l’écrira comme ça, juste que c’est une base à partir de laquelle on travaille à rendre ton profil lisible et compréhensible (même si t’es slasheuse).
2/ Définir ton cheval de bataille
C’est le grand sujet sur lequel tu veux te faire connaître, qui peut concerner ton expertise ou tes valeurs.
Moi, mon cheval de bataille, ça a toujours été de raconter ce que c’est encore d’être une femme à l’heure où « ça vaaaaa, t’es extrême aussi, on n’a plus besoin du féminisme aujourd’hui ». Mais j’aurais pu choisir un cheval de bataille lié à LinkedIn.
Ça ne veut pas dire que tu ne peux pas parler d’autre chose (hier, j’ai bien parlé de Dubaï, même si j’ai réussi à relier le sujet à mes convictions féministes). Ça doit juste être un sujet suffisamment récurrent pour qu’on puisse t’identifier dessus.
Ça ne veut pas non plus dire que tu ne peux pas évoluer : Nina Ramen est bien passée d’aider un maximum de femmes à être visibles sur LinkedIn à accompagner les dirigeantes à mieux vivre leur business.
3/ Miser sur la qualité, pas sur la quantité
En 2026, tu ne peux pas gagner la guerre de la quantité. Les IA génèrent des posts en 3 secondes, tout le monde utilise les mêmes structures de copwriting, tes lecteurs et lectrices sont saturés de contenus moyens (voire carrément mauvais).
Par contre, tu peux te démarquer avec des contenus de qualité, qui transpirent ta voix, tes valeurs, ton style. Vaut mieux commencer à publier 1x/semaine avec des idées originales, des tournures de phrases qui t’appartiennent que vouloir être présente 3x/semaine et publier des posts que personne n’a envie de lire.
Une fois par mois, j’accompagne une entrepreneuse à se (re)lancer sur LinkedIn.
Ça veut dire qu’on passe une journée entière ensemble (ou deux 2/1 journées) pour clarifier ton positionnement, refondre ton profil LinkedIn et écrire 4 posts qui te ressemblent vraiment.
C’est ma “Journée VIP LinkedIn”. J’en ai déjà fait 3, elles me recommandent à 10/10 😍
J’améliore le parcours à chaque fois. Alors, le prix augmente aussi à chaque sessions.
Il me reste une place pour mars et une pour avril, à 750 € HT. Si tu veux qu’on bosse ensemble sur ta désirabilité LinkedIn, remplis ce formulaire :
Aujourd’hui, j’ai envie de me réapproprier le mot “désirable”. Parce que c’est encore une injonction faite aux femmes que l’on retourne ensuite contre elles.
Parce que si chacun s’efforçait à être plus désirable, le monde serait plus agréable.
Parce que la désirabilité va bien au-delà des clichés qui nous viennent en tête.
Parce que travailler avec des personnes qui désirent réellement collaborer avec toi, ça simplifie le quotidien.
Lisa



Trop cool ton post, c’est vrai que prospecter sur linkedin c’est un truc de bonhomme haha
Quel plaisir de te lire ! C'est fluide, agréable, interrogeant, authentique (oui, oui, même si ce mot se fait vider de son sens à force de l'utiliser, comme bienveillance). Et tu as même pas besoin des grosses ficelles qu'on voit d'habitude de storytelling à 2 balles. Le talent d'une meuf qui a plein de trucs à dire.